Portraits de foi

Indu

Documenter des manifestations de la foi dans différentes religions ou régions du monde est une chose qui est arrivée tout-à-fait par hasard dans mon exploration photographique en quête de tout ce qui annihile les différences et réveille notre humanité, peut-être à cause du profond respect que je ressens pour ceux qui ne doutent pas et se livrent, confiants, à des pratiques et des rites de spiritualité. Encore une fois, les traditions et coutumes issues des différents pays et cultures se ressemblent dans leur contenu et leurs intentions, bien qu’elles puissent apparemment différer dans leur forme et leur manifestation.

La foi est peut-être le sentiment le plus authentique de l’être humain, qui cherche à s’appuyer sur une dimension magique face aux défis et aux difficultés que l’histoire nous a proposés et nous propose. Que ce soit pour accepter son destin et ne pas souffrir, ou que ce soit une tentative de le modifier à travers une intervention divine, l’humanité a créé et recréé des sectes et des religions qui enchantent souvent par la beauté de leurs rituels et la profondeur des concepts, mais qui souvent aussi surprennent par leur capacité d’écarter l’homme de sa vraie vocation de divinité, l’écartant de lui-même et de ses semblables.

La série Portraits de foi peut être comprise comme une prière païenne pour un monde plus juste et solidaire, où la magie et la divinité mènent à la compassion, à une profonde compréhension de l’autre et à une fraternité résultant de cette condition d’égaux face à l’univers: nous sommes tout aussi insignifiants les uns que les autres, et au service d’une vie qui suit son cours.
Ainsi soit-il. Telle est ma profession de foi.

Avant et après le clic

O Pensador

Rien n’est par hasard et tout est par hasard, mais rien n’est gratuit dans les images que je crée. La conception de l’image survient bien avant de déclencher l’obturateur, quand je me sers de mon expérience et de l’observation permanente des contextes et des émotions autour de moi. En vérité, je travaille tout le temps, que ce soit les yeux ouverts ou fermés. J’essaye de me rapprocher, jour après jour, des mouvements des villes et des personnes, dans une tentative de saisir l’ensemble, sans perdre de vue l’individualité. J’essaye de capter le mouvement humain quotidien, de capter l’âme, non dans le sens religieux du terme, mais dans les questionnements internes, dans les possibilités et dans la solitude à laquelle nous ne pouvons pas échapper. J’essaye de capter ce qui nous rend semblables – nos moments communs et en commun – au milieu de tant de différences personnelles, régionales et culturelles. En d’autres termes, je cherche à montrer les sentiments triviaux qu existent en chacun de nous. Ainsi, le clic est seulement le moment sacré d’une capture qui a commencé bien avant, et dont je ne sais jamais quand elle va se terminer. Mon processus créatif consiste à attendre que l’image se passe, comme une conséquence d’un processus d’observation constante que je pratique en permanence, comme un vice, ou un mauvais sort.